Un besoin urgent de formation à la chirurgie robotique, accessible à tous les chirurgiens

 

Strasbourg, 19 février 2026
La chirurgie robotique connaît depuis quelques années une expansion rapide. Environ 10 000 systèmes chirurgicaux robotisés sont actuellement installés dans les hôpitaux à travers le monde.1
En France comme dans de nombreux pays, cette discipline s’impose progressivement dans les blocs opératoires, portée par ses bénéfices cliniques reconnus : précision accrue, gestes mini-invasifs, amélioration du confort opératoire et récupération plus rapide des patients. Pourtant, derrière cette dynamique technologique, une question majeure demeure : celle de l’accès à une formation adaptée, standardisée et générique pour tous.
Robot Da Vinci
Source : Elsan.com

En France, une adoption technologique plus rapide que la formation

En France, les limites actuelles de la formation à la chirurgie robotique ont été clairement pointées par lAcadémie Nationale de Médecine. Si le nombre de robots chirurgicaux installés continue d’augmenter sur le territoire – plus de 300 robots implantés dans des établissements de santé publics ou privés en 20252 – l’accès à une formation structurée reste hétérogène selon les établissements, les régions et les spécialités.

 

La formation repose encore largement sur des dispositifs dépendants des industriels, sur le compagnonnage ou sur l’apprentissage progressif au bloc. Cette situation pose plusieurs problèmes : inégalités d’accès, manque de standardisation des compétences, et pression accrue sur les équipes et les patients.
Comme l’a souligné l’Académie, la diffusion de la robotique ne peut être dissociée de cursus universitaires standardisés, avec des examens de certification reconnus, pour assurer une formation initiale et continue de qualité aux équipes chirurgicales.2

Dans les pays émergents, une arrivée rapide de la robotique… sans écosystème de formation

Au-delà de l’Europe, la problématique est encore plus marquée dans les pays émergents, où la chirurgie robotique commence à se déployer rapidement. Une étude récente menée en Chine3 (un pays émergent dans l’adoption de la chirurgie robotique) met en évidence que, malgré une croissance rapide des procédures robotisées, il n’existait fin 2022 que deux centres de formation dédiés à la chirurgie robotique pour tout le pays, avec une pénurie évidente de formations formelles et de chirurgiens bénéficiant d’un entraînement structuré.
Cette arrivée rapide se heurte à un constat : l’écosystème de formation n’est pas toujours prêt. Les centres experts sont rares, les chirurgiens formateurs peu nombreux, et les opportunités de compagnonnage limitées. Dans ce contexte, la dépendance à des formations ponctuelles, souvent coûteuses et peu reproductibles, freine l’appropriation réelle de la technologie.
La démocratisation de la formation devient alors un enjeu de souveraineté sanitaire : sans solutions accessibles, standardisées et localement déployables, la robotique risque de rester réservée à une élite de centres, au détriment d’un accès équitable aux soins.
Robot chirurgical VERSIUS de CMR Surgical
Source : Ircad France

Chirurgie robotique : vers un paysage industriel plus diversifié

Le marché de la chirurgie robotique s’ouvre désormais à de nombreux nouveaux acteurs, proposant des plateformes aux architectures, interfaces et usages variés. De nouvelles entreprises apparaissent, l’usage de robots en chirurgie s’étendant également à l’orthopédie, l’endovasculaire, la neurochirurgie, etc.2
Cette diversification est une opportunité majeure, mais elle pose un défi inédit en matière de formation. Contrairement à une période dominée par un acteur unique, il devient difficile – et peu souhaitable – que la formation soit exclusivement pilotée par les industriels. À l’image de la chirurgie laparoscopique, la chirurgie robotique entre dans une phase de maturité où une formation générique, indépendante et standardisée devient indispensable, comme le souligne l’Académie Nationale de Chirurgie.4
Cela n’exclut évidemment pas les besoins légitimes de formation spécifique à chaque système, mais ces formations doivent venir compléter, et non remplacer, un socle commun de compétences robotiques : ergonomie, coordination œil-main, gestion des instruments, sécurité, prise de décision et anticipation des complications.
Source : Formation sur le simulateur de chirurgie robotique ROBOTiS

La simulation, pilier de la démocratisation

Face à ces enjeux, la simulation chirurgicale apparaît comme une réponse structurante. Selon les préconisations de la Haute Autorité de Santé (HAS),5 l’apprentissage de la chirurgie, en particulier de la robotique, nécessite une formation spécifique et structurée, en dehors du bloc opératoire, faisant très largement appel à la simulation.
Elle permet de dissocier l’apprentissage des contraintes du bloc opératoire, de pratiquer sans risque pour le patient, et de standardiser l’évaluation des compétences. Elle offre également une solution scalable, particulièrement adaptée aux pays émergents et aux établissements éloignés des centres experts.
En intégrant la simulation au cœur des parcours de formation, il devient possible de former plus de chirurgiens, plus rapidement, et dans des conditions homogènes. La démocratisation de la chirurgie robotique ne passera pas uniquement par la diffusion des technologies, mais par la capacité collective à former largement, durablement et indépendamment.

ROBOTiS, simulateur de chirurgie robotique

Pour relever les défis de la formation en chirurgie robotique, il devient essentiel de disposer d’outils pédagogiques innovants et accessibles. Les programmes classiques, souvent ponctuels et limités, ne suffisent plus à préparer les équipes chirurgicales à la complexité des interventions.
Dans ce contexte, le simulateur ROBOTiS offre une expérience réaliste grâce à une modélisation inégalée du fil, reproduisant fidèlement sa dynamique pour un apprentissage précis des gestes. Portable et modulable, il s’adapte à tous les niveaux et améliore la sécurité des interventions robotisées.

Références

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